J’ai testé : une semaine sur Pickable (en billet d’humeur)

J’ai testé : une semaine sur Pickable (en billet d’humeur)

Il y a dix ans, des sites de rencontres promettaient d’élargir le champ de nos rencontres ; aujourd’hui, des applis comme Pickable nous proposent le contraire : zoomer sur des hommes de son quartier. Voici mon expérience. 

J’ai mis des mois à percuter qu’en bossant des heures par semaine, chez moi qui plus est, et en ayant une vision de la vie sociale proche de celle d’un panda en pleine hibernation le week-end, j’allais avoir du mal à rencontrer la perle rare. Bon. De base, je n’ai jamais vraiment été emballée par les rencontres virtuelles, bien que convaincue de leur efficacité, mais c’était ça ou aller dehors pour parler à des inconnus. Horreur. Je n’avais plus beaucoup de recours. Tinder, déjà fait, et après le reportage sur France 2 qui révélait la tendance des Swippeurs addicts masculins sur l’app, j’étais refroidie. Pourtant, après un week-end festif, après avoir écouté toutes les histoires de mes copines qui elles-mêmes avaient des copines qui avaient rencontré l’amour comme ça, j’ai donc fini par craquer – pour cette NOUVELLE application de rencontre: Pickable.

« Après tout, qu’est-ce que j’ai à perdre ? »

C’est, se dira t-on, la dernière façon de se rencontrer : en quelques clics. Tout ça grâce à un p***** de smartphone qui géolocalise des potentiels partenaires près de chez soi – et que l’on peut retrouver dans un café ou dans un lit en dix minutes chrono. Rien que pour ça, je me dois d’enquêter. Juste pour voir hein.

C’est donc, lors d’un dimanche paresseux que je décide de m’y mettre… vraiment. Lovée dans mon bon vieux sweat genre pyjama en coton soyeux, je me lance dans l’aventure. Aussi, peut-être aussi parce que je viens de finir la saison 1 de YOU sur Netflix, je me résous à croire qu’il n’y a pas que sur les applis de rencontre qu’on tombe sur des psychopathes. Bref. Pickable sort d’un constat simple : les femmes sont beaucoup plus sollicitées que les hommes sur les app’ de rencontres. Sur Pickable, si tu es une femme, tu n’as pas de profil à créer, tu entres simplement ton numéro de téléphone et là tu vois les profils des mecs ! Premier bon point car, à vrai dire, pas du tout envie que des inconnus viennent farfouiller dans ma vie avant même qu’on se soit rencontrés. À la limite si c’est un pote y a moyen d’en rigoler (j’adore envoyer « fais voir ton zizi » à mes amis que je retrouve sur ce genre d’appli, bon chacun sa passion écoutez) mais ça peut vite devenir gênant. Et l’idée qu’une personne de mon entourage me reconnaisse sur une appli de rencontres me terrifie (ok, j’en rajoute à peine). Pire scénario: si mon ex tombait sur mon profil !! Mon ego en prendrait un coup. Brrr!! Ou, pire, l’un de mes clients ou tout simplement ce mec relou que j’ai envoyé bouler sur Tinder, et qui risque de revenir à la charge, à l’idée de voir que je suis toujours célibataire. Une photo et c’est le DRAME. Grillée. Cuite. Finito donc les excuses bidon du genre « c’est pour le boulot, j’écris un article sur les différents sites de rencontre » alors que la vraie raison est « je me sens si seule ». Ah oui, dernier détail : Pickable ne se connecte pas aux réseaux sociaux, il ne va pas fouiller les contacts… et c’est assez appréciable pour être mentionné. Le concept est donc sympa parce que même si on dit le contraire, le physique compte beaucoup dans les relations.

Reprenons, l’idée, c’est que Pickable s’adresse à celles et ceux qui veulent faire des rencontres IRL, pour une nuit, pour un mois ou pour la vie, et même pour rester amis (on y croit oui^^). En tout cas, pas à celles et ceux qui veulent juste faire du lèche-vitrines ! La preuve en est, dans la pratique, les profils des mecs sont assez courts : une photo, quelques lignes, et c’est tout. Les mecs, eux, ne peuvent pas swiper puisqu’ils doivent attendre que les filles les contactent, – à eux d’accepter ou non leur demande. En attendant seule et inconsolable sur l’app, les hommes peuvent tout de même consulter des infos/Stats. En autre; voir en temps réel : le positionnement de leur profil par rapport aux autres hommes (l’équivalent du concours de qui a la plus longue), le nombre de femmes en ligne, le nombre de visites sur leur profil et le nombre de demandes de chat. Miaou Miaou,  Détail important, l’homme dispose de 24h pour être Pickable ou non, c’est à dire qu’il peut décider à tout moment de rendre son profil visible des utilisatrices ou pas. Nous, les filles, nous pouvons naviguer parmi les profils et contacter ceux qui nous plaisent, mais pas engranger des matchs juste pour satisfaire l’égo.

Bref. Je continue. Apparaissent sur mon tel des dizaines de visages. Des têtes carrées, des bizarres, des moustachus, des bien cucul, des mecs qui montrent leurs pecs (oh merde), des mecs de dos (genre Bras en l’air, je me sens libre) (?), des motos, des p’tits-chats-trop-mignons (mais non). Au milieu de cette foule, il y a forcément quelques mecs canons, qui gagnent à être connus. Forcément. OK. Rapidement, je me laisse prendre au jeu. Avec un petit sourire en coin, je balaie du bout de l’index les profils.

« Toi… Bof, toi… Hum, toi… Hahaha, capture-écran-envoi-aux-copines, toi… Oh oui  JE TENTE MA CHANCE DYRECT ! »

Soit dit en passant, deuxième constat, comme sur les autres applis de rencontre, il y a une grosse grosse tendance « je partage ma photo de profil avec un animal ». Si pour le psychanalyste Alain Héril, utiliser un chien, un chat ou un cheval pour séduire n’est pas anodin. «L’animal peut être un prétexte à la rencontre, estime le psy. Pour ceux qui ont besoin de cet objet transitionnel, on peut supposer une timidité voire un certain manque de confiance en soi et dans sa capacité à rencontrer l’autre.» Ca permet au moins de visualiser une échelle de valeur concernant la taille du garçon. Quand on sait que Tom Cruise et Jude Law ne mesurent pas plus d’un mètre soixante, on est tentée de douter de tout, et tout le temps. Passons.

Je comprends vite qu’ici, les spécimens présents n’ont pas de temps à perdre, les quelques premiers matchs me demandent ce que je suis en train de faire. Ah oui, c’est vraiiii, les fameuses « heures de disponibilité ». À midi, pause déj’, et toujours rien de concret à l’horizon. Ça m’énerve, ça m’ennuie. Alexandre, 25 (est-ce bien raisonnable ?), m’envoie un truc en langage sms genre “Slt t ou ?” qui me fout le cafard au max. Quand soudain.. (là, il est peut-être 16h quand) je vois « Benjamin, 32 (ans) » ni tatoué, ni musclé comme Mr. Propre qui accepte ma demande. Il est précisément (ou pas en fait) à 3 km – grand brun ténébreux – de ceux qu’on a toujours imaginé et il me plait beaucoup. A deux pas de l’abandon, je ne dis pas non! Je lui écris : « Salut, ça va ? » Ça y est, on est en préliminaires… Il me répond. Il a beaucoup d’humour. C’est cool. Il me drague subtilement. À ce moment-là, bien sûr je me prends pour Beyonc’ « All the single ladies, all the single ladies… » ! Joli sourire, bonne musculature, orthographe rassurante (je sais, c’est bête, mais j’y tiens), trois phrases sans importance mais bien tournées. Je lui propose d’aller boire un verre ce soir. Il est partant, mais PLUS libre avant la semaine prochaine. arf. “On se tient au jus ?” Je déteste cette phrase, qui sonne comme un lâche ni oui-ni non. Mais je comprends plus tard qu’il a déjà quitté Paris pour sa province natale.

Il a l’air de m’apprécier quand même. Une semaine plus tard, “T’es libre pour un verre ?” “Carrément.” 20 heures, donc. Je ne sais pas trop à quoi m’attendre, mais déjà ravie de “sortir un peu de ma zone de confort”. Cette fois, maquillage et habits chics sont de rigueur. Les échanges sur l’appli permettent de casser la glace et de connaître un peu la personne. Mais on est bien obligé de passer par cette dernière étape et franchir le pas pour savoir si le profil de la personne correspond à ce que l’on attend. Quand il arrive, je le reconnais tout de suite, il est aussi BEAUUUU que sur la photo. Il a l’air inquiet, presque perdu, je lui souris pour le mettre à l’aise. C’est comme dans la vraie vie, parce qu’on est dans la vraie vie : on ne sait presque rien l’un de l’autre (enfin un peu quand même),et pourtant. Assis devant nos verres, on bredouille un peu en discutant de tout, de rien, comme tout le monde. On parle séries Netflix, musiques et autres choses improbables. Je lui demande comment nous appellerions nos enfants (THE BLAGUE), plus communément appelé « la prise de température » (quand on approche la trentaine) et lui, tout content de ne pas paniquer, répondant et continuant à plaisanter. Aussi barré que moi, j’adore ! (…)

Deux semaines plus tard, merci Pickable ! Benjamin est un chouette type, la perspective de le revoir encore me plaît. Le reste ne regarde que nous. Et c’est juste ce dont j’avais envie. Pickable, et toutes les autres applis ne sont que ce qu’on choisit d’en faire : un carrefour où l’on se croise parfois, pour une heure, pour une nuit, pour un petit morceau de vie… Et puis, mine de rien, même si on ne trouve pas l’amour suite à la première rencontre, c’est avant tout l’occasion de papoter tout en faisant de nouvelles connaissances.

Si tu es curieux, et c’est gratuit, il te suffit d’installer Pickable, disponible sur Google Play et sur l’App Store ! Et viens vite me dire si t’as pécho, ça m’intéresse !

[Article réalisé en partenariat avec Pickable]