« Apprendre est la seule manière de transformer l’échec en succès »

« Apprendre est la seule manière de transformer l’échec en succès »

 

Il y’a peu de temps, je répondais à une interview dans le cadre de la réalisation d’un sujet éditorial dans Femme Actuelle (et oui..ça nous rajeunit pas tout cela :p), bref ce sujet portait sur le musée des flops ouvert en en Juin dernier en Suède.

« Le plus grand échec c’est de ne pas tirer les leçons qui font suite à un échec ». C’est avec ce mantra en tête que Samuel West a ouvert le 7 juin dernier son Museum of failure (le musée de l’échec en français hum hum) à Helsingborg. Cet Américain qui vit en Suède depuis 10 ans y rassemble donc une collection d’objets qui ont fait un bide commercial total. Situé à Helsingborg (sait-on jamais, si vous passiez par là) ce musée « des objets ratées » regroupe des produits ayant été annoncés comme des innovations, mais qui n’ont jamais réussi à sortir du lot, et à survivre surtout. Du parfum Harley Davidson (encore disponible sur Amazon…#jdcjdr) jusqu’au Coca-Cola Blak (un mélange de café et de boisson énergisante) en passant par la console de jeux vidéo Nokia N-Gage (qui faisait aussi téléphone QUAND MEME),, ce sont plus de 60 produits et/ou service dont il est question.

Les intentions sont purement altruistes. « Nous savons que 80 à 90 % des projets innovants échouent et que vous n’entendez jamais parler d’eux. Et s’il y a quelque chose que nous pouvons faire de ces échecs, c’est d’en tirer un apprentissage », expliquait le créateur du musée avant son lancement. « Apprendre est la seule manière de transformer l’échec en succès »,

En voici ma vision:

On peut rire de tout, en art comme en marketing, la preuve en est ! J’adore l’idée de Samuel West, aussi originale, que surprenante qui induit donc de « positiver » l’expérience de l’échec, de désacraliser les idées et dédramatiser l’échec pour innover plus efficacement ! C’est totalement 2017 comme façon de penser ! Cette expérience culturelle offre une réflexion sur la modernité, l’innovation, la réussite et donne une lecture décomplexée de l’échec.

Si 36% des foyers déclarent avoir acheté un nouveau produit au cours de leur dernière visite en magasin, plus de 75% des nouveaux produits de grande consommation disparaissent des rayons moins d’un an après leur lancement. L’une des raisons ? Les entreprises se concentrent parfois trop sur l’objet en soi et oublient qu’il s’utilisera toujours dans un environnement particulier, une situation de vie et en interaction avec lui. L’aveuglement lié à la technologie ou à l’innovation gustative représente un vrai soucis. Les services de R&D se focalisent parfois un peu trop sur les performances d’un produit, sur sa capacité à etre différenciant de ce qui se fait. La réussite d’une innovation est tout sauf une simple coïncidence. Les succès identifiés s’appuient en effet sur des tentatives délibérées de réviser tous les aspects du process d’innovation, de challenger les normes établies, comme les attitudes des conso, l’histoire, les politiques de mise sur le marché, le comportement au sein des entreprises… Le succès peut aussi s’expliquer par un bon choix des timing. Pour exemple, si un nouveau produit sort trop tôt, les consommateurs risquent de ne pas comprendre son utilité. S’il vient trop tard, il paraîtra désuet. Il est donc important de connaître le marché et d’avoir préalablement analyser les complètements de consommation.

« Je n’ai pas échoué. J’ai simplement trouvé 10 000 solutions qui ne fonctionnent pas », disait déjà il y a plus d’un siècle Thomas Edison, célèbre inventeur (à l’origine de l’ampoule électrique,je précise). L’innovation, c’est donc la prise de risque. Sauf que.. en Europe, on a du mal avec la prise de risque, quand aux Etats-Unis, on la valorise, en France plus particulièrement, la peur de l’échec semble paralyser plus qu’ailleurs. L’important, c’est d’apprendre rapidement de ses erreurs. L’enjeu de l’innovation justement n’est plus de ne pas se tromper, mais au contraire de faire une erreur le plus vite possible pour pouvoir ensuite trouver le bon chemin pour innover. Ce musée présente l’échec comme un passage obligé dans la création de produits à succès, et c’est dans cela que repose toute sa pertinence ! L’échec est un acteur darwinien dans la sélection naturelle des inno et il est plus que nécessaire. Comme le dit si bien cette citation, et pour finir sur quelques dernière notes positives..: « Appréciez d’échouer (…) car on n’apprend rien de ses succès »

Sujet écrit par Hélène Lisle, à retrouver dans Femme Actuelle  – 7 au 13/08/2017

🙂