« La chance est au rdv quand il y a un projet pour lequel on se lève »

« La chance est au rdv quand il y a un projet pour lequel on se lève »

Parce que la chance joue un rôle clé dans un monde imprévisible et complexe, dans la série des initiatives inspirantes, FDJ a lancé en 2016 un concept de débat original dont l’objet est de s’interroger sur le rôle de la chance dans nos vies. La rédaction Dettachée était présente pour ce deuxième opus. En invité : Thierry Marx; Michaël Jérémiasz; Xavier-Laurent Salvador. Question(s) de Chance initie une réflexion sur un thème social et sociétal majeur, débattre de la seconde chance, c’est interroger la société sur sa capacité à donner un nouvel élan à celles et ceux qui ont connu l’échec ou l’impasse. C’est aussi se questionner soi-même sur sa capacité à saisir les opportunités, et à savoir se reconstruire.

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Pour Thierry Marx « La chance est un leurre, comme l’échec est un leurre. […] On ne gagne pas parce qu’on est le meilleur. On gagne parce que l’on a décidé de ne plus perdre » a-t-il rappelé. (…) « La chance est au rdv quand il y a un projet pour lequel on se lève, on se mobilise. Sans projet il ne peut pas y avoir de nouveau départ, et ce projet passe par la rigueur, l’engagement et la régularité ».

« Le numérique aujourd’hui constitue une seconde chance pour nos sociétés de remettre l’humain au centre du système et de porter un regard cultivé sur le monde contemporain… Internet apporte une seconde chance aux sciences humaines car il a révolutionné la façon dont se transmettent les textes, le savoir », Xavier-Laurent Salvador

« Se donner une seconde chance ou saisir sa seconde chance, c’est identifier et s’approprier les outils qui permettent de se reconstruire et d’accéder au bonheur. Et le sport est un des formidables outils pour se reconstruire » Michaël Jérémiasz

Dans le cadre de ce débat, on m’a invité à réfléchir à mon tour au sens de la question, à ma façon de voir, mon expérience ; intéressante réflexion dont je vais vous livrer à présent ma vision.

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Une seconde chance… Oui. Qu’est-ce que cela signifie quand on a 25 ans, et qu’on n’a pas même vécu un tiers de sa vie. Je vous le demande. Et pourtant, que l’on soit globalement chanceux ou non, dans sa vie, des secondes chances, on en a tous eu. ( – Mais siii vous aussi, j’en suis sûre.) Nicolas Machiavel disait « La chance est la maitresse de la moitié de nos actions, et nous en laisse presque gouverner l’autre moitié. ». Mon expérience est étroitement liée à l’aventure Dettachée et m’amène ou j’en suis aujourd’hui.

Nous voilà reparti quelques années avant la création du site. Je vais passer mon baccalauréat, j’ai quasiment dix-huit ans, – pas encore mais presque (attention ! à cet âge-là c’est important). Comme tous les lycéens – en Terminale (filière Littéraire pour ma part), je soumets mes vœux concernant les écoles et facultés. Je suis partagée, évidemment, pour plaire à l’entourage il faudrait que je puisse intégrer Science-Po’ ou le Celsa, éventuellement la faculté, mais quelques chose d’assez connu pour me permettre de ne pas trop peiner à trouver du travail (une façon de penser à revoir, même si dans la réalité, avouons que nous n’en sommes pas très loin malheureusement). Cette année-là, néant, je n’ai rien eu de tout ça. Déception. Les grandes écoles, c’est loupé. Une réponse positive de La Sorbonne, pour la faculté de droit… mais le droit, non merci. Il va falloir chercher, surtout, il va falloir trouver !

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Me voilà intégrant l’EFAP Paris, une école de communication privée assez réputée. J’appréhende. J’en entends du bien, du mal. Une conclusion apparait, cette école est géniale, « si et seulement si on s’en donne les moyens ». Bon. La rentrée arrive, c’est parti pour 4 ans. Les années passent et ne se ressemblent pas. J’ai la possibilité de faire beaucoup de stages. Il faut dire que mon problème est que tout me plait. J’aime… la télé, la radio, les paillettes (secrètement hein!), et puis ce dont je rêve par-dessus tout aussi, c’est de travailler chez L’OREAL ou chez GOOGLE, peut-être justement avec ces télé, ces médias et leaders d’opinion dont j’évoquais la couleur plus haut. Les grandes entreprises me fascinent et me font rêver. A l’image de mes ambitions (diverses et variées), les stages me transportent d’abord d’une agence RP à un cabinet de création de noms de marque, s’en suit de quelques mois au sein d’une société de production de reportages télé (de type « 50minutes INSIDE »), enfin le graal, après ces différentes expériences (et toujours des dizaines de lettres de motivation envoyées) ; je suis prise en stage chez Coca-Cola France au service Communication des marques ! Oui. La grande entreprise dont je rêvais tant m’ouvre ses portes. C’est à ce moment même que je décide de lancer mon blog Dettachée de Presse. Un site positif, sur mes coups de cœurs marketing, les campagnes de communication qui me font rêver, et puis plus globalement, tout ce qui me fait sourire. Des citations, des perles, brèves ou pensées humoristiques, des photographies inspirantes et autres loufoqueries.

Coté boulot, je connais des collaborations d’envergure, de Jean-Paul Gaultier, à Teddy Riner en passant par David Guetta, je suis épanouie dans mon job. Evidemment, toutes les bonnes choses ont une fin, mon stage se termine. Il me reste 1 an de stage à faire, le destin (et aussi les CV et lettres de motivation surtout) m’amène chez Microsoft France, Waou… 1 an au marketing digital de l’entreprise de Bill Gates, ça envoie. L’année se passe. Bien même, très bien. Seul problème, j’arrive en fin d’étude… je vais chercher du travail… et face à un diplômé de l’ESSEC ou autre école de commerce réputée, je n’ai que peu de chances de pouvoir rester. On ne me l’a pas dit, mais comme dans beaucoup de grandes entreprises, c’est du grand classique, je ne me fais pas d’idées. Mon truc à moi, c’est que le site Dettachée de Presse marche bien, l’open space adore. Ils rigolent bien. Je vais partir des bureaux mais je sais que le souvenir que je laisserai sera positif. C’est ça l’important. Aussi, je me lance ambitieusement le pari de revenir d’une façon ou d’une autre.

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Quasiment diplômée, nouvelle problématique ; que faire? Le marché du travail est compliqué. Je suis jeune. Junior. Et je viens d’une école privée. Réflexion faite, je veux intégrer Dauphine (ça va plaire aux parents et surtout aux grosses entreprises)! Candidature engagée pour le master 2 « Communication Marketing intégrée » – aussi appelé CMI. Dossier béton monté, comprenant lettre de recommandations de personnes référentes des entreprises ou j’avais travaillé, dossier rempli rigoureusement et avec soin, j’avance confiante. Profil atypique, j’ai démontré mes capacités d’entreprendre avec mon site, qui représente à l’époque déjà quelques 50 000 Dettaché(e)s ainsi que les différents projets et activités personnelles. Là encore, échec total, je n’ai pas même les épreuves orales. J’ai l’impression que tout s’effondre. On est début juillet, et je n’ai pas anticipé ce nouvel échec. Me voilà à nouveau perdue. Je m’agite, je recherche, je pose les pistes sur le papier, année sabbatique // année à l’étranger – une école ou mais laquelle, sachant que les grandes écoles ont déjà fermé leur candidatures…

C’est un jeudi après-midi quand je rencontre cette fille sympa. Elle est en école de commerce et m’apprends que l’ESC Reims a fusionné avec Rouen et à ouvert à paris une filière Etudes & Marketing. Les places sont très limitées mais après tout qui ne tente rien n’a rien, il reste 1 session de candidature. Génial ! Je dois absolument creuser ! Aussitôt dit, aussitôt fait, je dépose un dossier. Je passe les épreuves d’anglais. Me voilà convoquée pour les épreuves orales. Je me présente, me défends, et vente mes qualités de fonceuse. Ils adorent le site ! Les recruteurs ont pris le temps d’aller voir, ils en avaient déjà entendu parler, et semblent tout de suite très emballés à l’idée d’écouter mon histoire. Ils me mettent en garde que beaucoup d’étudiants déjà sélectionnés viennent d’école d’ingénieurs ou de commerce mais leur discours est encourageant, mon profil atypique me donnent quelques « chances » justement. J’y crois. Et puis.. ILS ADORENT DETTACHEE, vous imaginez ?? Quelques semaines plus tard, graal, je recevais le courrier m’annonçant ma candidature retenue pour intégrer le Master Etudes & Décisions Marketing de NEOMA BUSINESS SCHOOL ! Hihaaa c’était parti ! Quelques temps plus tard, J’intégrais Clarins France à la publicité – un doux mélange de communication et de marketing – ce que j’avais toujours recherché.

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C’est ma seconde chance à moi. Enfin… je comprends aussi que c’est l’une de mes secondes chances, nous ne sommes pas des gens parfaits… J’en suis probablement à ma 2ème seconde chance 1000ème et je n’ai pas honte de l’admettre. Toutes ces rencontres, ces expériences ont été des chances. J’ai compris que s’il ne faut pas laisser le succès nous monter à la tête, il ne faut pas non plus laisser ce que l’on voit comme l’échec nous plomber le moral. Il n’y a pas qu’une seule façon d’arriver d’un point A à un point B, c’est ma conclusion. Chaque jour est en quelque sorte une chance, une opportunité à saisir pour avancer. Depuis s’en est passé des choses, je me suis laissée moi-même une énième chance de quitter le confort de l’entreprise pour voler de mes propres ailes, mais ça… c’est encore une autre histoire ! 😉
Alizée,

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Merci à FDJ, qui, – me proposant de vous raconter tout cela – me permet de relativiser ces échecs qui m’ont permis de faire ce que je fais aujourd’hui.

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